Transcendance : Deus non sit in machina

ça commence mal ouch !!!
ça commence plutot mal ouch !!!

Transe en danse

La science-fiction est un genre cruel, impitoyable, ne supportant ni les scripts confus, ni le manque d’imagination. Elle condamne la tiédeur et les incohérences autant qu’elle en appelle à une habileté de funambule, dressant une fosse aux reptiles sous la corde raide.

Transcendance : un film basé sur un thème porteur, celui du transhumanisme. Le sujet est passionnant, donne des oeuvres culturelles qui peuvent être très bonnes le jeu vidéo Deus Ex en est un excellent exemple, mais il ne suffit pas de prendre une piste de réflexion pour en faire un film complet et cohérent.

Sorte de semi-réflexion inaboutie sur le transhumanisme, le film narre la résurrection d’un savant par l’implantation de sa conscience dans un disque dur hyper-performant. Désormais étranger à tout carcan physique, le scientifique échappe en conséquence aux limites inhérentes à la nature humaine. Mais emploiera-t-il ses nouveaux pouvoirs pour mettre le monde en coupe réglée ou, au contraire, pour le sauver ?

Désincarnée, l’œuvre de Wally Pfister ne saurait se cacher derrière son petit doigt : elle a l’épaisseur d’un néon et le souffle d’un asthmatique en pleine crise. Inégale et mal rythmée, elle se saborde à coups de clichés, de rebondissements accidentés et de romantisme suranné. Il nous faudra en outre décerner une mention spéciale à Evelyn Caster, en lice pour le titre de chercheuse la plus écervelée et crédule de l’Histoire du cinéma.

Allo !! il y a quelqu'un ?
Derpina dans toute sa puissance Hurrr Durrr !!!

Pourtant, je ne demande pas la Lune. Je sais qu’un film de ce budget n’a pas pour vocation d’être très profond ou très typé « cinéma d’auteur » ; on lui demande d’abord d’être divertissant et de ramener de l’argent. Mais cela n’empêche pas de distiller un message, ou d’avoir un propos qui fasse réfléchir le public. Et surtout, d’avoir quelque chose qui lie tout ça, une narration, une histoire qui se suive à peu près, une réalisation fluide et lisible, bref un corps.

Or Transcendance est comme un cerveau posé sur une table. Un point de départ, mais qui ne sert à rien. Wally Pfister est un directeur  photo talentueux  il suffit de voir Memento ou le Stratège pour s’en convaincre, mais en tant que réalisateur, il n’en va pas de même. Transcendance n’a pas de rythme, est filmé de façon très basique (ce n’est pas le seul, mais ça n’arrange rien), sa structure est décousue au possible – 50 minutes d’introduction avant que l’on entre dans le cœur du film, et les rares scènes d’action sont mal filmées. Il manque une âme à ce film, impression renforcée par le casting. Morgan Freeman traîne son regard faussement sagace depuis une paire d’années, et il paraît ici fatigué, peu concerné. Johnny Depp n’a qu’un visage, fronçant les sourcils parfois, mais n’est jamais intimidant ou touchant – qu’il est loin l’acteur magnifique de Dead Man, d’Edward aux Mains d’Argent ou même de Sleepy Hollow. Cillian Murphy ne fait que porter le café, Paul Bettany est constipé, Kate Mara est tout sauf crédible en terroriste anti-évolution technologique. Il n’y a rien qui marche, tout le monde semble en roue libre, incapable de faire passer une émotion. En plus, comme le scénario est totalement incohérent et rushe complètement sa fin, il est impossible de se sentir concerné ne serait-ce qu’un seul instant.

- steupléééé on peut encore faire un bon film - non c'est dejà foutu
– steupléééé on peut encore faire un bon film
– non c’est dejà foutu

Transcendance a beau se passer dans un futur très proche, il n’en demeure pas moins complètement improbable. Oui, les nanotechnologies vont prendre de plus en plus d’importance dans nos vies. Les améliorations technologiques vont sans doute voir le jour pour upgrader l’être humain. Mais non, les choses ne seront pas aussi binaires que dans ce film. Et elles seront sans doute moins chiantes aussi.

Note Finale : 4/10 (Réalisation académique, scénar exsangue, machine enrayée : si la démarche était sans doute sincère, le résultat n’en demeure pas moins hautement discutable)

 

Transcendence 2014 movie johnny depp summary meme
En résumé : 1+1 = 895542674265254653287

 

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