Star Wars : le reveil de la force (garanti zero spoils)

Je ne spoile pas dans cette critique hormis quelques éléments de contexte et quelques impressions. – Kulalem

Quand je me permet de critiquer quelque chose qui tient autant de l’affectif que Star Wars, je fais le vide autour de moi, parce que c’est vraiment dur d’être impartial.

vous voyez ? zénitude est mon maitre mot

La passation de pouvoir avec Disney, la mort de l’univers étendu et l’annonce des suites subséquentes m’ayant laissé perplexe ,le Réveil de Force était l’impossible porteur de l’espoir de deux générations qui s’écharpent encore aujourd’hui sur l’intérêt de la prélogie, sur l’importance quasi religieuse de la trilogie originale. Les sabres, les X Wing, les pouvoirs, la bravoure, la Force, l’aventure vers la pureté, la dichotomie des couleurs du bien et du mal sont là, ainsi que le Millenium Falcon qui apparait tout feu tout flammes tel un Phénix mécanique.

Le film ne manque pas d’atouts. Le casting de la relève déjà, aux petits oignons. Daisy Ridley est fabuleuse dans son personnage de Rey et son tandem avec John Boyega, également très juste, fonctionne à merveille. Quant à Adam Driver, il incarne un Kylo Ren qui dérange (notamment quand il enlève son casque) au départ pour convaincre ensuite par son implication. Il parvient à construire en quelques scènes un personnage qui ne sera jamais (ce fut ma crainte parmi les craintes) un sous Dark Vador, explorant d’autres voies dans sa gestuelle, sa diction, son tempérament, avec une énergie bouillonnante qui souvent déborde.

j’aime bien son masque, pas vous ?

Les anciens quant à eux, s’en sortent sans casser trois pattes a un canard non plu, meme si. Harrison Ford fait quand même un peu de peine, Abrams prend bien soin de ne pas filmer un plan de plus d’une demi seconde en train de le voir courir, Ce n’est plus de son âge, voilà tout. Mais il a quand même répondu présent.

Niveau effets spéciaux, on est également servis. ILM a mis les bouchées doubles. Et c’est paradoxalement quand la technologie aurait pu permettre des environnements purement numériques, décriés dans la prélogie, que J.J. Abrams privilégie les prises de vue réelles.Le savant mélange est flatteur, avec quelques plans vraiments somptueux . Tous les ingrédients de l’aventure intergalactique, saupoudrée d’humour décalé, marque de la franchise, y sont. Le spectateur verra exactement ce qu’il s’attend à voir. Mais c’est peut-être le problème majeur du film.

A force de vouloir rester fidèles au cycle originel, les scénaristes ont oublié de renouveler l’histoire. Beaucoup trop inspirés de la structure narrative de l’épisode IV, les rebondissements deviennent ultra-prévisibles. Tout cela semble clair, mais cet environnement contextuel est bien trop manichéen dans son approche, trop stéréotypé pour amener un quelconque cheminement narratif.

Cependant, dans le déroulé scène après scène, la part belle, laissée aux batailles, poursuites et fusillades, ne laisse qu’une portion congrue aux personnages pour se dévoiler, et surtout interagir entre eux. On est à ce sujet dans l’application trop souvent usité d’une scène par point clef à savoir à propos de tel personnage, et puis c’est tout, on passe à la suite, pas de place aux nuances dans le cahier des charges Disney. C’est d’autant plus frustrant que comme précisé plus haut, le casting de la nouvelle génération est excellent. J’aurais pu citer Oscar Isaac d’ailleurs, mais il se révèle être le personnage illustrant le mieux cette absence de construction d’un personnage. Il apparaît, disparaît, réapparaît, il faut l’accepter tel quel.

piou piou piou piou piou

L’air de rien, ça limite considérablement l’implication émotionnelle. J’ai passé plus de temps à me dire « qu’est ce qu’elle est chouette cette actrice » plutôt que de m’inquiéter ou me réjouir pour Rey. Zut alors. Au final le résultat est plus ou moins embarrassant sur bien des points, notamment dans ses moments clés, fatidiques, sclérosés par le manque de rigueur de l’écriture faite de raccourcis.

Ce « réveil de la Force » regorge de promesses, son casting laisse espérer beaucoup. Il avance de fait masqué, reboot qui ne dit pas son nom, enchaînant les figures scénaristiques imposées part la trilogie originale (ça a un côté fainéant tout de même) pour mieux faire accepter au fan hardcore une mutation de la mythologie de l’univers Star Wars. Reste, et c’est ce qui me chagrine le plus, l’impression périssable qu’il m’a laissé. J’ai vu un bon film de space fantasy, généreux en action et en personnages à fort potentiel. Mais je ne ressens aucune urgence à retourner le voir, l’analyser, le décortiquer.

Finalement, même s’il est davantage dans la référence que dans la nouveauté, «Star Wars 7» est loin d’être honteux. C’est avant tout un très bon divertissement et une très bonne base pour la nouvelle trilogie. A voir, pour le spectacle et basta !!

 

 

 

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