Northern soul : la critique juteuse

Elaine Constantine est passée naturellement de la photographique à la réalisation, et elle a choisi pour de créer d’écrire une histoire d’amitié relativement traditionnelle en se concentrant sur l’obsession des personnages pour une certaine musique et le côté obscur d’un genre aujourd’hui mythifié. La Northern Soul.

Le gros point fort de Northern Soul, c’est son habilité à nous plonger dans son ambiance bien particulière, avec un réalisme et une authenticité remarquables. Le décor est tout de suite planté, nous proposant de suivre une jeunesse anglaise engluée dans la classe ouvrière, et qui va devenir avide d’une musique américaine à la fraicheur libératrice. L’histoire est solidement appuyée par des costumes et une photographie merveilleusement réalisés, condition indispensable au caractère véridique du film.

Northern Soul
de la musique américaine, un ado anglais, des pas de danse voles a Bruce Lee, la Northern Soul c’est la mondialisation avant l’heure.

La première partie engendre également des séquences hilarantes et certains dialogues sont vraiment bien amenés (et bien aidés par des accents et des expressions bien british qui font leur effet). Les personnages, sans être sensationnels, sont dans le ton, et c’est plus la tournure du scénario qui va quelque peu interférer avec un rythme jusque là presque parfait. L’histoire devient générique, abordant les thèmes de la drogue et de l’amitié d’une façon presque caricaturale, et cela va malheureusement déteindre sur la qualité générale du film.

Mais malgré toutes les erreurs qu’il commet, (erreurs dans le montage, erreurs dans l’intrigue), qui font pressentir l’odeur de la novicité, la star du film, c’est la musique, et lorsque celle-ci est mis au second plan vers la fin, le film en prend un coup, mais tout de même le film reste encore intéressant, et c’est pourquoi je reste indulgent (oui oui je peux l’être).

On prend plaisir à suivre les protagonistes dans leur croisade pour la soul music, avec un enthousiasme sincère et une naïveté touchante. Des pas de danse parfaitement chorégraphiés aux balbutiements des DJs, le coté « musical », lorsqu’il est mis en avant, donne de très bon moments, sous fond de Lou Pride, Marvin gaye et autres Edwin Starr. Par ailleurs, je suis contraint d’admettre que le personnage de Matt est vraiment très bien travaillé si on ne connaît pas sa vie, on connaît entièrement sa personnalité et elle influe très bien sur le cours de l’histoire.

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et en plus il tape la pose avec classe

Northern Soul reste une représentation réussie de l’essor d’un mouvement culturel, laissant même apparaître un feeling « pre-punk » dans la relation de certains personnages avec cette musique aujourd’hui ancienne, mais qui donne tout son charme à ce film qui vaut le coup d’oeil.

Au final, le film rate le coche. Si la musique et la reconstitution sont admirables, le reste est bien trop classique, parfois même insipide, pour véritablement retenir l’attention.

Note Finale : 5/10 ( oui j’ai mis 1 point bonus a cause d’Antonia Thomas j’avoue :p )

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