Marimar, Rubi,Vaïdehi, Saloni, Elisa et CIE: Des telenovelas en veux tu (ou pas)- en voilà!

Marimar jouée par une actrice devenu  culte dans le genre "je suis pauvre et je tombe amoureuse d'un riche"
Marimar jouée par une actrice devenue culte dans le genre « je suis pauvre et je tombe amoureuse d’un riche »

Ce sont des classiques, des incontournables sinon inévitables. Les telenovelas… Programmés aux heures de descentes dans les débuts, ils le sont à toutes les heures possibles aujourd’hui. Tôt le matin, avant le déjeuner, au déjeuner, juste après le déjeuner, avant le dîner, pendant, après, très tard dans la nuit…On ne sait pas pour vous, mais à force y a de quoi demander une pause. Certains diraient que si on n’aime pas, il suffit de changer la chaîne. Mais en Côte d’Ivoire, nous n’en avons que deux (tout le monde n’a pas le satellite). Dans les autres pays de la sous région (Togo, Sénégal, Burkina, Mali…) c’est le même « délire ». L’histoire classique: Je suis pauvre et je tombe amoureuse d’un fils de riche!  Mais bon, pourquoi se plaindre devant l’effort constant de nos chaînes nationales dans leur désir de nous distraire le mieux possible? Depuis l’époque DONA BENJA, elles ont bien vu l’intérêt des téléspectateurs pour ces programmes à grands rebondissements, pimentés par de la romance. On ne change pas l’équipe qui gagne, alors servons leurs toujours la même sauce!

Vaïdehi
Vaïdehi

Le problème c’est qu’avec le temps les telenovelas ne s’arrangent pas. Ou c’est peut être que notre regard devient plus critique, plus exigeant… En tout cas c’est avec beaucoup d’objectivité que l’on peut s’insurger devant le ridicule de certains scenarii servis par les feuilletons actuels. Là ce n’est plus les chaînes nationales le problème, mais les réalisateurs. Les histoires sont de plus en plus rocambolesques. Un coup l’héroïne se fait inséminer à son insu, un coup la belle mère entretient une liaison avec le gendre de la soeur de son mari… Et toujours les mêmes secrets! Ta mère n’est pas ta mère, ton fils est en réalité le fils de ta mère… Et le temps passant, on veut tellement  en mettre plein la vue que la pilule devient difficile à avaler. Le jeu d’acteur est moyen (pour être gentille), le feuilleton dure plus que de raison avec des retournements de situations qui laissent voir qu’il ont été insérés sur un coup de tête pour allonger le supplice. En fait tout est surjoué. 

La fameuse Rubi, jouée par Barbara Mori
La fameuse Rubi, jouée par Barbara Mori

Et pour ne rien arranger, depuis peu, les romances indiennes se sont ajoutées au tableau.

Tout a commencé avec Vaïdehi. On aurait dû passer avant diffusion « Ce programme est dangereux pour les téléspectateurs souffrant d’épilepsie photosensible. » Tout est sujet à suspens. Vaïdehi doit prendre un verre? Sommation, mixage des images. C’est à en avoir des migraines. On a eu ensuite Kitani, une poesie en chanson. Une belle histoire d’amour dans une ambiance d’orage à chaque face à face capitale. D’un coup il fait nuit et il pleut, quand la situation prend une tournure « déterminante ». On en déduira que les indiens aime dramatiser. Après tout s’est enchaîné! Main teri,  Antara, Saloni

Mais nos chaînes nationales ne sont pas du genre à ne pas apporter du changement, à ne pas diversifier. Il y a eu l’épisode des feuilletons venus de philippines et de Corée aussi. Plus nouveau… Bof! Il n’empêche que leur temps n’a pas duré très longtemps. Les feuilletons coréens sous titrés ne faisaient pas l’affaire de la majorité bien qu’ils se soient avérés plutôt intéressants en tout point. Ceux de Philippines…On l’ignore.

Mais bilan fait, ce sont les telenovelas hispaniques et lusophones qui l’emportent en terme de récurrence. On pourrait parier que leur apogée ne prendra jamais fin. Il réunissent à eux seuls, « amour, trahison, secret ». Il réunissent surtout les femmes (rien de misogynes, les réactionnaires!), plus rêveuses, plus casanières…

El diablo
El diablo

On pourrait critiquer ces programmes qui envahissent nos chaînes africaines, mais ils connaissent pour la plupart un réel succès (Rubi, Thérésa, Le roman de la vie, Diablo…) . C’est dire qu’il y a toujours un public qui répond. Mais quel est ce public si tolérant, si ouvert ? Ce serait « méchant » de juger quelqu’un par ses goûts, surtout qu’ils ne se discutent pas, mais clairement en appréciant ces personnes qui accourent à l’annonce du générique de leur telenovela, la majorité est du genre « très peu occupé », pour ne citer que cette catégorie… (Vous pouvez toujours vous prononcer sur ce point.)

Et maintenant il y a une évolution dans les questions traitées. On se met au goût de l’actualité: Homosexualité, vœu de chasteté chez les prêtre, insémination artificielle… Ça va dans tous les sens. Il y a plus d’action: Prise d’otage, assassinat, courses poursuite… Alice aux  pays des merveilles, c’est révolu. Bonjour le 21ème siècle.

Guy Kalou,acteur dans "les leçons de la vie" série ivoirienne
Guy Kalou,acteur dans « les leçons de la vie » série ivoirienne

Mais franchement loin de demander une cessation intégrale de la diffusion des telenovelas (il y en a de biens dans tout ce lot…), c’est la diffusion de quelques réalisations africaines, ivoiriennes particulièrement, qui serait la bienvenue. Oui, certains bouderont à l’entame de cette révolution, leur plaisir. Mais l’habitude et la rigueur dans la réalisation feront le reste. On s’y est bien fait à l’avènement de l’Inde non? En plus l’expérience de la diffusion de séries ivoiriennes chaque dimanche, ces derniers mois, a bien montré comment nos réalisations pouvaient être attrayantes (sauf le choix du nom du concept: BABIWOOD). Vous en pensez quoi vous?

 

Written by Brook

Passionnée et curieuse de tout, j'ai toujours quelque chose à dire...

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