Le retour de l’enfant prodigue!

Voyageur

La plupart des Africains vivant hors de leur pays d’origine ont au moins une fois entendu cette phrase lorsqu’ils retournent au pays : “tu m’as envoyé quoi?” Que tu sois étudiant au Maroc, femme de ménage en France ou plongeur dans un restaurant aux Etats Unis, peu importe à certains de tes « proches » tes conditions de vie de l’autre côté de l’Atlantique. La seule chose qui compte, c’est ce que tu leur as rapporté comme présent après ton plus au moins long séjour à l’étranger. Que tu ais ou pas les moyens d’acheter quelque chose, eh bien ça c’est le cadet de leurs soucis ! Et encore comme si cela ne suffisait pas, certains ont l’audace de minimiser le parfum que tu leur apporte, arguant qu’ils auraient préféré un sac à main, ou une belle montre de chez Michael Kors. Pendant toute une année ou plus, ils ne prennent pas la peine de te demander si tu as mangé, comment vont tes études ou le boulot, si tout se passe bien où tu te trouves… Jamais un message pour ne serait-ce que te passer le bonjour. Mais ce sont les mêmes qui dès que tu poses valises au bercail, te réclament ce qu’ils considèrent comme leur dû. Et gare à toi si tu ne leur a rien apporté. On te fera passer pour le/la méchant(e). On dira que tu as changé depuis que tu es allé en occident. Tu te prends trop maintenant…

Chaque fois que tu dois te rendre à Abidjan, tu passes immanquablement par le stress des courses pour les cadeaux à rapporter. Il ne faut pas oublier un tel ou une telle. Si tu envoies un cadeau à Amy, sa sœur Fanta te lanceras “et pour moi?” Il faut donc déterminer quelles sont les personnes « très proches » à qui l’on devrait obligatoirement rapporter quelque chose. Le hic pendant les derniers achats est que tu as tout d’un coup l’impression que tout le monde peut être un proche ou du moins pensera faire partie de ce cercle. Au cas où tu n’as pas pu leur acheter quelque chose, eh bien ce n’est pas bien grave ! Le sac à main que tu as au bras est très joli et ira très bien avec la chaussure que tu as dans ta chambre. Si en plus de cela tu peux rajouter l’un de tes pantalons, les sieurs seront ravis de t’en débarrasser. De toutes les façons, tu peux bien en racheter des nouveaux quand tu retourneras. Où est-ce que tu trouveras les sous pour? Comme je le disais tantôt, cette  partie de l’histoire ne regarde que toi!

Peut-être aussi que tu stresses pour un rien. Peut-être qu’il ne tient qu’à toi de revenir les bras ballants et de leur expliquer que tu n’avais pas assez d’argent pour leur offrir quelque chose ou que tes valises étaient déjà pleines à craquer à cause d’un déménagement… Mon ancienne colocataire se moquait de moi lorsque je rangeais mes valises en souffrant face à tout ce que je devais transporter sans dépasser le poids règlementaire. Elle prétendait pouvoir rentrer et dire aux gens qu’elle n’était pas assez fortunée pour leur offrir des présents. Je lui ai ris au nez tout en essayant de compatir, lorsqu’elle s’est rendue compte que malgré tout ce qu’elle s’était imaginée, il y a une tonne de cousins à qui elle « devait » envoyer un souvenir de l’Amérique lorsque ce fut son tour de rentrer…

Et vous, sentez-vous ce stress des cadeaux lors de vos retours à la maison ? Ou faites-vous partie de ceux aux pays qui croient que tout brille pour ceux de l’autre côté ? Votre avis m’intéresse!

Written by Tchonte

Lire, rire, vivre...c'est tout ce que j'aime. Mais je parle aussi de ce que je n'aime pas.

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