Il était temps

Il était temps de l’écrire cette critique.
Maitre inconstesté de la comédie romantique à l’anglaise, Richard Curtis fait prospérer les vendeurs de mouchoirs depuis déjà vingt ans. Qu’il soit derrière la plume, comme pour 4 mariages et un enterrement et Coup de foudre à Notting Hill, ou la caméra, avec Love Actually et Good morning England, il a donné au cinéma issu de la perfide Albion ses lettres de noblesse. »Il était temps » fut vendu comme une nouvelle comédie romantique british saupoudrée d’une légère touche de fantastique par le biais du thème du voyage dans le temps.

D’autant que, si le concept de voyage dans le temps n’a pas été vraiment exploité par le genre, le pitch fait néanmoins penser à un monument: Un Jour sans fin, avec l’inimitable Bill Murray. Malheureusement ici, les allers-retours temporels n’ont d’autres fonctions que celle de gadget pas franchement utile, sauf pour rattraper deux ou trois boulettes, plutot mal foutu, et surtout très mal expliqué. Le réalisateur oublie que la simplicité est l’essence même de ce genre d’artifice, sous peine de se retrouver avec un film bombe comme Looper .Si le concept de base est tout à fait basique, les ramifications peinent à convaincre d’autant que le principe même de voyage dans le temps, pourtant au centre du film, est très vite laissé de côté au profit de l’élément romantique.

L’élément romantique du film en lui même ne concernant à vrai dire que la première partie on aurait quand même tord de se plaindre, « Il était temps » est davantage un film sur la filiation, sur la transmission, un gigantesque encouragement à prendre la vie comme elle vient et à apprécier les petits plaisirs simples de l’existence.

Le film de Curtis regorge de jolies séquences, notamment lorsqu’il décrit les rapports très touchants entre un père et son fils, et bénéficie d’un excellent casting, bien que le personnage de la craquante Rachel McAdams paraisse un brin schématique et vide. Dommage dès lors que tout cela soit d’une facilité déconcertante, le héros ne rencontrant que très peu d’obstacles sur sa route, hormis le temps d’une parenthèse plus sombre (et encore) à mi-parcours mais bien trop artificielle et inoffensive pour relancer la machine.

c'est meeeugnon !!!
c’est meeeugnon !!!

Les longueurs du film ont failli avoir raison de moi, l’absence de cet humour British subtil qui me ravi, d’acteurs passionnants le pénalisent mais il vaut la peine d’être vu, une dernière partie vraiment réussie, même si cela n’en fera pas un classique, comme la majorité des scénarios de Richard Curtis.

Fausse comédie romantique mais véritable fable attachante, « Il était temps » se laisse regarder sans aucun déplaisir mais aurait gagné à exploiter beaucoup plus son point de départ fantaisiste et à proposer une intrigue plus corsée, plus consistante, avec de vrais enjeux dramatiques.

 

Note Finale : 5/10 (si l’on pouvait revenir sur ce qui s’est passé : que changerait t’on dans ce film ? vous avez 3 heures)

 

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